Coupes abusives et moment importun, ou stratégie gouvernementale ?

Rimouski, le 12 décembre 2012

L’annonce faite par le gouvernement du Parti Québécois concernant les coupures importantes dans les budgets alloués aux Fonds de Recherche Québec – de l’ordre de 30% pour celui de Nature et Technologies (FRQNT) et d’environ 13 % pour ceux de la Santé (FRQS) et de la Société et culture (FRQSC) – est ahurissante. À chacun de faire sa part certes, mais jamais pareilles réductions de financement ne seraient acceptables pour n’importe laquelle des enveloppes budgétaires de l’État. Cette mesure revient à considérer la recherche comme une dépense superflue dont il faut à tout prix diminuer l’ampleur. Ce manque de vision du gouvernement, qui clame ainsi haut et fort l’inutilité de la recherche quant au développement de la société, ne peut être passé sous silence. Il revient à toute la population de lui faire entendre raison.

Alors que Mme Marois s’est faite l’apôtre d’un gel des frais de scolarité en vue d’un Sommet sur l’éducation supérieure, les coupes de budget des FRQ se feront principalement au détriment de la formation des étudiants aux cycles supérieurs. Bon nombre d’étudiants-chercheurs au niveau de la maîtrise et du doctorat et de stagiaires postdoctoraux subsistent grâce à ce fonds. Même une réduction des subventions de recherche aura des impacts immédiats sur ceux-ci. Le plus évident, et non le moindre, est que sans projets de recherche, plus besoin d’étudiants ! N’oublions pas que si les professeurs-chercheurs sont les contremaîtres de la recherche, les étudiants en sont les ouvriers ! Une diminution des subventions de l’ampleur exigée par le gouvernement aura donc un impact majeur sur le nombre d’étudiants poursuivant aux cycles supérieurs et conséquemment sur le développement de la recherche au Québec. Geler les frais de scolarité d’une main pour enlever les bourses de l’autre est une tactique qui n’est pas passée inaperçue.

Ces coupures, aujourd’hui dans le budget des FRQ, hier dans les subventions déjà accordées aux universités, alors même que le Sommet en est encore à ses premiers balbutiements, démontrent l’ampleur de la mauvaise foi du gouvernement. En frustrant l’ensemble des acteurs du milieu universitaire par des actions unilatérales irréfléchies, le gouvernement semble vouloir réunir les conditions ayant mené à la crise étudiante du printemps dernier. Il crée ainsi un climat défavorable où tout consensus sera impossible, où toute tentative de rapprochement entre les parties sera empêchée par ces contraintes financières imposées.

Il existe une créativité et des richesses naturelles inestimables au Québec que seul un peuple éduqué saura faire fructifier durablement. Ce n’est pas en sabrant drastiquement dans le financement de la recherche que le Québec se maintiendra parmi les leaders mondiaux en innovation et en développement durable.

Le Parti Québécois a été élu en promettant de faire les choses différemment. À quoi bon, si cette différence porte sur la dévalorisation de la recherche et de l’éducation? Est-ce pour faire du Québec une société constamment désavantagée socialement et économiquement, prise à quémander l’aide technologique et financière de l’extérieur et perdant l’emprise sur ses ressources, dans l’ignorance béate de toute une population nivelée par le bas ?

Écrit par Rémi Lesmerises, Président du Regroupement des Étudiant(e)s Gradué(e)s en Écologie et Évolution (RÉGÉÉ), Université du Québec à Rimouski (UQAR), Étudiant au Doctorat en Biologie, groupe de recherche Boréas, Centre d’Études Nordiques, Boursier FRQ-NT

Appuyé par

Alexandre Anctil, Biologiste M.Sc., UQAR, Boursier FRQ-NT lors de sa maîtrise

Anne-Marie Dion-Côté, Étudiante au Doctorat en Biologie, Institut de Biologie Intégrative et des Systèmes (IBIS), Université Laval, Boursière FRQ-NT

Audrey Maheu, Étudiante au Doctorat en sciences de l’eau, Institut national de la recherche scientifique

Caroline Lehoux, Étudiante à la Maîtrise en Gestion de la Faune et de ses Habitats, groupe de recherche Boréas, UQAR, Boursière FRQ-NT

Caroline Sauvé, Étudiante à la Maîtrise en Biologie, Québec-Océan, Université Laval, Boursière FRQ-NT

Charles Gignac, Étudiant au doctorat en Sciences de l’Eau, Institut National de la Recherche Scientifique – Centre Eau Terre Environnement

Clément Chevalier, Étudiant au Doctorat en Biologie, groupe de recherche Boréas, Centre d’Études Nordiques, UQAR

Daniel Munro, Étudiant au Doctorat en Biologie, groupe de recherche Boréas, UQAR, Boursier FRQ-NT à la maîtrise

Eliane Valiquette, Étudiante à la Maîtrise Biologie, Université Laval, Boursière FRQ-NT

Elsa Goerig, Étudiante au Doctorat en Sciences de la terre, INRS-ÉTÉ, Boursière FRQ-NT

Éric Harvey, Étudiant au Doctorat en Biologie, University of Guelph

Felix Christen, Étudiant au Doctorat en Biologie, groupe de recherche Boréas, UQAR, Boursier FRQ-NT

Frédéric Lesmerises, Étudiant au Doctorat en Biologie, groupe de recherche Boréas, Centre d’Études Nordiques, UQAR, Boursier FRQ-NT

Frédérike Lemay-Borduas, Étudiante à la Maitrise, UQAR

Geneviève Allard, Géographe M.Sc., coordonnatrice du Centre d’études Nordiques, UQAR, Boursière FRQ-NT lors de sa maîtrise

Hugues Dorion, Étudiant à la Maîtrise en Sciences géographiques, Centre d’Études Nordiques, Université Laval

Ian Seiferling, Étudiant au Doctorat en Sciences Environnementales, UQTR, ancien boursier FRQ-NT

Idaline Laigle, Étudiante au Doctorat en Biologie, UQAR

Isabelle Varenne, Étudiante au Doctorat en Biologie, groupe de recherche Boréas, UQAR

Jean-François Lamarre, Étudiant au Doctorat en Biologie, groupe de recherche Boréas, Centre d’Études Nordiques, UQAR, Boursier FQR-NT

Joanie Van de Walle, Étudiante à la Maîtrise en Biologie, Université Laval

Julie Leblanc-Dumas, Étudiante à la maîtrise en Sciences géographiques, Centre d’Études Nordiques, Université Laval

Julien Colpron-Tremblay, Étudiant au Doctorat en Géographie, Centre d’Études Nordiques, Université Laval, Boursier FRQ-NT à la maîtrise et au doctorat

Karina Charest, Étudiante à la maîtrise en Biologie, Université Laval, Boursière FRQ-NT

Karine Dubois, Étudiante à la Maîtrise en Gestion de la Faune et de ses Habitats, UQAR, Boursière FRQ-NT

Katherine Gavrilchuk, Étudiante à la maîtrise en Biologie, Université Laval

Kim Émond, Étudiante au Doctorat en Biologie, groupe de recherche Boréas, UQAR, Boursière FRQ-NT

Léa Harvey, Étudiante à la Maîtrise Biologie, Université Laval

Magali Petit, Étudiante au Doctorat en Biologie, groupe de recherche Boréas, Centre d’Études Nordiques, UQAR

Marc-André Marchand, Étudiant au Doctorat en Lettres, UQAR

Marie-Audrey Nadeau, Étudiante à la Maîtrise en Gestion de la Faune et de ses Habitats, groupe de recherche Boréas, Centre d’Études Nordiques, UQAR

Marie-Hélène Jacques, Étudiante à la maîtrise en Biologie, Centre d’étude de la forêt, Université Laval, Boursière FRQ-NT

Marie-Jeanne-Rioux, Étudiante à la Maîtrise en Gestion de la Faune et de ses Habitats, groupe de recherche Boréas, Centre d’Études Nordiques, UQAR

Marylène Ricard, Étudiante à la Maîtrise en Gestion de la Faune et de ses Habitats, groupe de recherche Boréas, Centre d’Études Nordiques, UQAR

Maude Pelletier, Étudiante à la Maîtrise, Centre d’Études Nordiques, Université Laval

Maxime Boivin, Étudiant au Doctorat en Sciences de l’Environnement, groupe de recherche Boréas, Centre d’Études Nordiques, UQAR/ENS-LYON, Boursier FRQ-NT à la maîtrise et au doctorat

Michel Paquette, Étudiant à la Maîtrise en Géographie, Centre d’Études Nordiques, Université de Montréal, Boursier FRQ-NT

Michèle Leduc-Lapierre, Étudiante à la Maîtrise en Gestion de la Faune et de ses Habitats, groupe de recherche Boréas, UQAR

Myriam Milbergue, Étudiante au Doctorat en Biologie, groupe de recherche Boréas, Centre d’Études Nordiques, UQAR

Nicholas Fecteau, Étudiant à la Maîtrise en Géographie, groupe de recherche Boréas, Centre d’Études Nordiques, UQAR

Nicolas Schiffrine, Doctorat en Océanographie, Université Laval Ophélie Drevet, Étudiante à la Maitrise en Science de l’eau, INRS-ETE

Pascale Ropars, Étudiante au Doctorat en Biologie, Centre d’Études Nordiques, Université Laval, Boursière FRQ-NT à la maîtrise

Paschale Noël Bégin, Étudiante à la Maîtrise Biologie, Université Laval, Boursière FRQ-NT Patrick Tremblay Simard, Stagiaire Postdoctoral en Hydrogéophysique, Centre d’étude sur les ressources minérales, UQAC, Boursier FRQ-NT

Philippe Cadieux, Étudiant au Doctorat en Biologie, UQAM, Boursier FRQ-NT

Pierre Legagneux, Stagiaire Postdoctoral en Biologie, groupe de recherche Boréas, Centre d’Études Nordiques, UQAR

Pierre-Paul Dion, Étudiant à la Maîtrise en Biologie, Université Laval

Renaud McKinnon, Étudiant à la Maîtrise en Gestion de la Faune et de ses Habitats, groupe de recherche Boréas, UQAR

Sandra Angers-Blondin, Étudiant à la Maîtrise Biologie, Université Laval, Boursière FRQ-NT

Sandrine Gautier-Éthier, Étudiante à la Maîtrise en Biologie, UQAM, Boursière FRQ-NT

Simon Bernatchez, Étudiant à la Maîtrise Biologie, Université Laval

Simon Massé, Étudiant à la Maîtrise en Géographie, groupe de recherche Boréas, Centre d’Études Nordiques, UQAR, Boursier FRQ-NT

Timothée Poisot, Stagiaire Post-Doctoral en Biologie, groupe de recherche Boréas, UQAR-CSBQ Tyler D. Rudolph, Biologiste M.Sc., Chaire industrielle UQAT-UQAM en aménagement forestier durable, UQAM

Véronique Cloutier, Étudiante au Doctorat en Sciences Forestières, Université Laval, Boursière FRQ-NT

Vincent Lamarre, Étudiant à la Maîtrise en Gestion de la Faune et de ses Habitats, groupe de recherche Boréas, Centre d’Études Nordiques, UQAR, Boursier FRQ-NT

Yannick Duguay, Étudiant au Doctorat en Sciences de l’eau, INRS-ÉTÉ, Boursier FRQ-NT lors de sa maîtrise

Yannick Gendreau, Étudiant au Doctorat en Biologie, groupe de recherche Boréas, Centre d’Études Nordiques, UQAR, Boursier FRQ-NT

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Mémoire sur Roger Magini, Pierre Yergeau et Gaétan Soucy

Mon mémoire en lettres intitulé « Des singularités narratives comme manifestations d’une problématisation de l’autorité narrative chez Magini, Yergeau et Soucy. Enjeux et jeux d’écriture dans trois romans contemporains québécois » sera bientôt disponible dans différentes ressources de recherche en ligne, dont ProQuest.

En voici le résumé :

Alors qu’un constat critique souligne le foisonnement narratif de l’écriture romanesque contemporaine, il appert que la littérature romanesque québécoise actuelle – nous entendons ici le roman produit dans ce que la critique a identifié comme étant « l’ère du pluralisme » (Biron, Dumont et Nardout-Lafarge, 2007) établie autour des années 1980 – tend à se démarquer de la production antérieure, et ce autant sur le plan générique que stylistique.

Prenant appui sur trois romans contemporains québécois – Revoir Nevers (2006) de Roger Magini, Du virtuel à la romance (1999) de Pierre Yergeau et La petite fille qui aimait trop les allumettes (1998) de Gaétan Soucy –, ce mémoire s’intéresse aux singularités narratives de ces textes, notamment au double registre allographe et autographe chez Magini, à la fragmentation narrative et au découplage de la focalisation chez Yergeau ainsi qu’à la narration non-fiable chez Soucy. Par un jeu de notions théoriques – notamment l’intertextualité, la transfictionnalité, l’invraisemblance pragmatique et la focalisation –, cette étude montre également dans quelle mesure les textes en question « délèguent, problématisent, délaissent, voire abandonnent leur autorité narrative via des procédés narratifs singuliers » (p. 10 du présent mémoire).

Si vous désirez obtenir plus de détails sur ce mémoire, n’hésitez surtout pas à me contacter. Mes coordonnées se retrouvent dans la page À propos.

Et pour les lecteurs anglophones, voici la traduction du résumé (Abstract) :

Whereas a critical observation highlights the proliferation of narrative contemporary fiction, it seems that the current Quebec’s fiction – we mean here that, novel produce which critics have identified as the « Pluralism era » (Biron, Dumont and Nardout-Lafarge, 2007) established around the 1980s – tend to stand out from the previous productions, and this both in generic’s and stylistic’s terms.

Building on three French Canadian’s contemporary novels – Revoir Nevers (2006) by Roger Magini, Du virtuel à la romance (1999) by Pierre Yergeau and La petite fille qui aimait trop les allumettes (1998) by Gaetan Soucy –, this memory is about the narrative singularities of these texts, including the double allograph and autograph register in Magini, fragmentation and decoupling of narrative focalization in Yergeau, finally the unreliable narration in Soucy. By a set of theoretical concepts – including intertextuality, the transfictionnality, the improbability pragmatic and focalization – this study also shows how these texts « delegate, problematize or even give up their authority through singular narrative processes » (10).